Etats-Unis - L'AFL-CIO et les travailleurs immigrés

Juillet-Août 1996

Après que, en octobre dernier, le congrès de l'AFL-CIO eut choisi une nouvelle équipe de direction avec à sa tête John J. Sweeney, Richard Trumka et Linda Chavez-Thompson, elle a organisé un rassemblement à New York, là où se trouve concentré un nombre important des travailleurs immigrés de l'habillement. L'objectif était de souligner la toute première priorité de l'AFL-CIO : le recrutement massif de nouveaux adhérents.

Les dirigeants de l'AFL-CIO reconnaissent que c'est une question de survie. Les syndicats vivent un long déclin. L'année dernière, ils ont encore perdu 388 000 membres, ce qui fait tomber le pourcentage des travailleurs syndiqués de 15,5 à 14,9 %. Le taux de syndicalisation dans l'industrie privée, en dehors du secteur agricole, qui constituait jusque-là la base essentielle des syndicats, est tombé à un chiffre à peine supérieur à 10 %, voire légèrement inférieur.

Le rassemblement visait aussi à démontrer que l'AFL-CIO entend organiser des secteurs industriels où les salaires sont bas, comme ceux de l'habillement, avec de forts pourcentages de travailleurs immigrés, y compris sans papiers. Dans certaines régions du pays, comme la Californie, les travailleurs immigrés constituent une part importante, et croissante, de la main-d'oeuvre, à la fois dans l'industrie et les services. Et la plupart ne sont pas syndiqués.

L'AFL-CIO DECOUVRE LA NECESSITE D'ORGANISER LES TRAVAILLEURS IMMIGRES

Ce tournant de l'AFL-CIO n'est pas vraiment nouveau. Cela fait vingt ans que les dirigeants syndicaux en discutent.

Jusque voici vingt ans, les appareils syndicaux considéraient les immigrés, particulièrement les sans-papiers, comme des jaunes, ennemis des syndicats un des instruments du déclin syndical. La vague d'immigration avait fourni aux employeurs une source de main-d'oeuvre bon marché, intarissable semble-t-il, qu'ils mettaient en concurrence avec les travailleurs syndiqués.

La réponse des syndicats à cette attaque en règle avait consisté à tenter de limiter la compétition pour les emplois en essayant d'écarter les immigrés. Ils voulurent les empêcher d'entrer dans le pays et, dans ce but, ils en appelèrent au gouvernement pour qu'il mette sur pied davantage de patrouilles policières aux frontières. Ils essayèrent de leur bloquer l'accès à l'emploi, demandant par exemple des sanctions contre les patrons embauchant des travailleurs en situation illégale. Certains syndicats, comme ceux du bâtiment, sont allés jusqu'à faire intervenir le Service National de l'Immigration contre les illégaux, sur les lieux de travail. Même le Syndicat des Ouvriers Agricoles Unis de César Chavez, très connu pour avoir été constitué par des immigrés récents et considéré comme un symbole de la lutte contre le racisme et la discrimination envers les "Chicanos", a parfois fait appel au Service National de l'Immigration contre des travailleurs en situation illégale qu'on avait amenés dans des champs pour briser des grèves.

De toute évidence, cette stratégie d'exclusion fut un désastre. Elle faisait exactement le jeu des patrons. En fait, les syndicats les aidaient à dresser les travailleurs les uns contre les autres, ceux-ci se reprochant mutuellement de se voler le travail. Et les travailleurs, immigrés autant que non- immigrés, payèrent le prix de cette politique. Le nombre des emplois mal payés, échappant aux syndicats, s'accrut. Et, en même temps, pour les travailleurs syndiqués, ce furent les fermetures d'usine, l'appel à la sous-traitance, etc. L'évolution dans l'industrie de la construction est significative de ce qui était en train de se passer : dans les années 1940, 80 % des ouvriers professionnels étaient syndiqués ; dans les années 1990, ce chiffre était tombé à 20 %.

Vers 1975, un petit nombre de syndicats, comme l'ILGWU (syndicat international des travailleurs de l'habillement féminin), implantés dans des secteurs où la main-d'oeuvre était de plus en plus largement constituée par cette nouvelle vague d'immigrés, avec ou sans papiers, avaient commencé à soulever le problème d'organiser les travailleurs immigrés. L'ILGWU monta une section syndicale réservée aux immigrés. D'autres syndicats commencèrent lentement à lui emboîter le pas.

Le tournant de l'AFL-CIO a été lent et hésitant. On le constate avec l'évolution de sa position sur la législation concernant les immigrés. En 1975, elle s'opposa à l'idée d'une amnistie pour les travailleurs en situation irrégulière. En d'autres termes, elle était entièrement partisane d'une restriction de l'immigration. Dans les années 1980, elle en vint à soutenir plus ou moins l'amnistie, mais seulement assortie de sanctions contre les employeurs qui continueraient à embaucher des travailleurs clandestins. L'AFL-CIO a contribué à la rédaction de la loi sur l'immigration de 1986. Elle présenta les sanctions contre les employeurs comme un moyen de leur faire respecter la législation, alors qu'en fait c'étaient les travailleurs immigrés qui étaient visés. A l'époque, sa position était : régularisez la situation de certains immigrés, mais pas trop, et ne les laissez pas occuper trop d'emplois.

A la fin des années 1980, l'AFL-CIO a fini par reconnaître que sa position dans cette affaire de sanctions avait pu être une erreur. Ces sanctions n'étaient qu'un nouveau prétexte permettant d'exercer une discrimination à l'encontre d'une partie des travailleurs. C'est-à-dire avant tout, à l'encontre de tout travailleur immigré soupçonné d'être militant syndical. Si bien que, en 1990, l'AFL-CIO en arriva à réclamer une application "plus humaine" des sanctions, et qu'en 1993, elle alla plus loin, Sweeney prônant leur abrogation.

Ainsi l'AFL-CIO a été forcée, pas à pas, de modifier son langage. A la fin des années 1980, Sweeney se défendait ainsi : "Le SEIU (le syndicat international des employés de services) est en train d'organiser une nouvelle vague d'immigrants... Pour eux et pour nous, c'est une question de survie... Pour se défendre, ces travailleurs doivent créer des syndicats... C'est également vrai pour nous tous. Pour nous défendre, le SEIU doit amener au syndicat les nouveaux immigrants des industries où nous sommes présents. Sinon, nous ne pourrons pas nous défendre contre la volonté des patrons de baisser les salaires."

LES EFFORTS DE L'AFL-CIO

Le premier obstacle que les syndicats eurent alors à franchir fut leur coupure par rapport aux travailleurs immigrés - qui s'explique bien sûr surtout par leur propre politique. Ils durent d'abord établir des contacts à la base. En 1987, l'AFL-CIO de Californie créa la CIWA, l'Association des travailleurs immigrés de Californie. La CIWA fut mise sur pied juste après que le Congrès eut voté l'IRCA, la réforme de l'immigration qui accordait une amnistie aux travailleurs en situation illégale en mesure de prouver qu'ils étaient dans le pays depuis 1982. La CIWA aida alors ces travailleurs dans leurs démarches pour obtenir l'amnistie, et leur permettre de suivre des cours d'anglais et d'histoire américaine, nécessaires pour obtenir la carte verte de résident permanent, proposa aussi des assurances médicales moins chères ainsi qu'une carte de crédit syndicale. De la sorte, les syndicats gagnèrent des contacts parmi lesquels ils purent sélectionner des organisateurs.

En 1988, le syndicat de Sweeney, le SEIU (syndicat international des employés de services) entama une campagne pour la "Justice pour les gardiens d'immeubles" dans dix villes. Cette campagne était quelque peu plus ambitieuse que ce que les responsables syndicaux avaient fait jusque- là. Ils décidèrent de laisser tomber les habituelles et trop lentes procédures légales de l'Administration du travail (NLRA), entreprise par entreprise, qui leur permettaient de moins en moins de remporter des victoires en termes de reconnaissances syndicales et de nouvelles adhésions. A la place, ils décidèrent d'essayer d'organiser un secteur entier à travers des grèves et des manifestations, et de le faire régir par un même contrat collectif. Dans la plupart des villes, les gardiens d'immeubles sont des immigrés, et pour beaucoup, ce sont des femmes.

Le succès le plus net du syndicat international des employés de service fut remporté à Los Angeles, où les gardiens d'immeubles viennent surtout du Mexique et d'Amérique centrale, et dont une grande proportion sont "illégaux". Les travailleurs menèrent plusieurs grèves dures et leurs manifestations se heurtèrent parfois à la police. Huit mille travailleurs se syndiquèrent et le taux de syndicalisation des gardiens travaillant dans de grands ensembles passa de 30 à 90 %. Globalement, en comptant les autres grandes villes, le syndicat SEIU affirme que la campagne lui a fait gagner environ 35 000 membres.

Le syndicat SEIU et l'AFL-CIO considérèrent cette campagne pour la "Justice pour les gardiens d'immeubles" comme une campagne d'organisation syndicale exemplaire, et il ne fait aucun doute qu'elle a aidé à assurer la réputation de Sweeney, dans sa course pour la présidence de l'AFL-CIO.

Mais, à la même époque, quelques autres grèves qui se déroulèrent aussi à Los Angeles montraient que les travailleurs immigrés pouvaient conquérir leur droit syndical en organisant des grèves eux-mêmes.

En 1991, 1 200 travailleurs de fonderie de l'usine American Racing Wheel firent une grève sauvage de trois jours contre l'augmentation des cadences, grève qui se termina après que la direction eut concédé une augmentation de salaire de cinq pour cent. Ce n'est qu'après la grève que le syndicat intervint pour syndiquer les travailleurs.

L'année suivante, 4 000 ouvriers maçons non syndiqués, tous originaires du Mexique et nombre d'entre eux sans papiers, débrayèrent dans six comtés du sud de la Californie à propos de baisses de salaire. Ils mirent sur pied des équipes mobiles, firent s'arrêter des chantiers et étendirent la grève. Les arrestations en masse par la police et les raids du Service National de l'Immigration ne les arrêtèrent pas. La grève dura cinq mois, jusqu'à ce que vingt entrepreneurs cèdent et acceptent un accord. Ces patrons du bâtiment revinrent sur les baisses de salaire. Les ouvriers obtinrent également des prestations médicales et la reconnaissance de leur syndicat. Miguel Caballero, le responsable officiel de l'Association des travailleurs immigrés de Californie, déclara : "Ce fut un événement historique. Voilà, pour la première fois, un groupe important d'immigrés mexicains qui, considérant leur situation économique, décidaient seuls, sans syndicat, d'arrêter le travail, et entraînaient le syndicat et les autres institutions derrière eux. Cela a donné une forte impulsion à ceux qui, dans le mouvement syndical, préconisent de militer davantage sur le terrain de la syndicalisation."

Ces deux grèves, ainsi que la campagne "Justice pour les gardiens d'immeubles", ont depuis encouragé dix syndicats à envisager un plan plus ambitieux, qu'ils appellent le LAMAP : Projet d'action des ouvriers d'industrie de Los Angeles. Le but du Projet est d'organiser syndicalement le couloir Alameda de Los Angeles, une zone dense, d'environ 35 km, d'usines et d'entrepôts, l'une des plus grosses concentrations industrielles du pays, où la majorité de la main-d'oeuvre est immigrée. Le plan consiste de nouveau à laisser de côté les procédures "usine par usine" du ministère du Travail, en faveur d'une syndicalisation des travailleurs sur la base des branches d'industrie. Annoncé à l'automne de 1994, il en est toujours à ses étapes initiales.

DES SYNDICATS QUI SE BATTENT POUR DE BAS SALAIRES

C'est ainsi que l'AFL-CIO a commencé à courtiser ces mêmes travailleurs immigrés qu'elle combattait et critiquait. Mais ce changement positif d'un des aspects de la politique de l'AFL-CIO ne signifie pas un changement dans son orientation fondamentale et globale. Au contraire, l'AFL-CIO reste une organisation bureaucratique, désireuse de s'entendre avec les patrons américains et la bourgeoisie, et de s'appuyer sur la collaboration de classe plutôt que sur la lutte de classe. C'est cette politique qui est responsable non seulement de la détérioration des conditions de vie et de travail à laquelle la classe ouvrière est confrontée, mais aussi du déclin des syndicats eux-mêmes et de leur incapacité à organiser davantage de travailleurs, immigrés ou autochtones.

Ainsi, l'AFL-CIO a contraint les travailleurs immigrés récemment syndiqués à accepter des concessions, tout comme elle l'a fait avec les autres travailleurs syndiqués. Les gardiens d'immeubles de Los Angeles en ont fait la dure expérience.

Au printemps 1995, après la reconnaissance du syndicat des gardiens d'immeubles, le SEIU annonça qu'il était parvenu à réaliser ce qui promettait d'être une avancée historique : une convention collective concernant l'ensemble de cette branche à Los Angeles. Dans les faits, il apparut que cette convention conclue pour six ans maintenait des salaires extrêmement bas, avec de petits avantages supplémentaires. Pour la plupart des gardiens, qui s'étaient durement battus et avaient risqué beaucoup, ce contrat était une trahison. Aussi essayèrent-ils d'exercer leurs droits démocratiques au sein de leur nouveau syndicat en destituant les responsables locaux, quelques mois plus tard. Sur ce, la direction du SEIU intervint et plaça le syndicat local sous sa tutelle. Telle fut la grande victoire de la campagne "Justice pour les gardiens d'immeubles" dont les responsables du SEIU et de l'AFL-CIO n'ont cessé de se vanter.

Qu'est-ce qui pourrait bien encourager les travailleurs sous-payés des ateliers clandestins, des fonderies, des usines de moulage de plastique et des maisons de retraite, que les syndicats essayent d'organiser maintenant, si ces derniers ne leur donnent aucun espoir d'une véritable amélioration de leurs conditions de travail et de leur paye ? A quoi sert de se syndiquer si cela signifie que les patrons peuvent continuer à imposer les mêmes bas salaires, comme ce fut le cas pour les gardiens d'immeubles ?

Dans une ville comme Los Angeles, avec ses millions de travailleurs non syndiqués, les syndicats ne font toujours que 4000 ou 5000 nouveaux adhérents par an. Il est certain que la période pèse sur les efforts des syndicats pour recruter. Mais, dans ces résultats lamentables, quelle est la part due à la politique bureaucratique et de collaboration de classe des syndicats eux-mêmes ?

DES DISCOURS DIFFERENTS SELON LES TRAVAILLEURS

Au cours de ces dernières années, les responsables de l'AFL-CIO ont prononcé quelques belles phrases sur le fait que les travailleurs immigrés ne devraient pas être traités en boucs émissaires. Bien sûr, s'ils veulent avoir quelques chances d'en syndiquer, c'est ce qu'ils doivent dire.

Mais cela ne signifie pas qu'ils ont abandonné leur vieille politique qui consiste à jouer sur les préjugés chauvins ou corporatistes de leurs propres membres. De plusieurs façons différentes, l'AFL-CIO continue de dire aux travailleurs que les étrangers prennent le travail. Elle continue à en appeler au gouvernement pour qu'il augmente les effectifs des patrouilles des frontières, afin d'empêcher davantage d'immigrants d'entrer dans le pays. Les responsables syndicaux répètent à l'instar des responsables d'un syndicat local de métallurgistes du Massachusetts (AFL-CIO News, 25 mars 1996) le même vieux mensonge selon lequel le travail étranger "bon marché" à l'intérieur du pays prendrait les emplois "américains".

Et la position politique la plus importante de l'AFL-CIO reste son opposition aux importations japonaises et mexicaines, comme son opposition aux traités de l'ALENA et du GATT. Sans répit, ils répètent le même message sur l'arrêt des importations et la sauvegarde des emplois. Comme on l'a vu pendant des années, cette pression a peu d'influence sur la politique de la bourgeoisie américaine, qui fait ce qu'elle juge convenir à ses propres intérêts et à ses profits. Mais cette rhétorique accentue les sentiments anti-étrangers, anti-immigrés d'une partie de la classe ouvrière américaine, et dresse les travailleurs nés dans le pays contre leurs frères et soeurs qui viennent d'arriver.

Devant les travailleurs immigrés, l'AFL-CIO proclame qu'elle se bat pour l'unité. Mais devant d'autres travailleurs, elle continue de cultiver les pires préjugés et divisions. Ce n'est pas ainsi que l'on peut défendre les droits des immigrés contre les attaques de plus en plus nombreuses dont ils sont l'objet, et contre les divisions grandissantes au sein de la classe ouvrière, et ce n'est pas non plus de cette façon que l'on peut préparer les autres travailleurs à se défendre eux- mêmes.

Cette politique de double langage a pesé sur la campagne des syndicats contre la Proposition 187 de la Californie en 1994. Officiellement, l'AFL-CIO s'opposait à cette Proposition. Elle ne pouvait évidemment pas faire autrement : la Proposition 187 était une attaque contre les travailleurs immigrés que les syndicats essayaient de rallier. C'était aussi une attaque contre d'autres travailleurs déjà syndiqués, comme les professeurs et les travailleurs des services de santé : on leur demandait de devenir une extension du Service National de l'Immigration en dénonçant les étudiants ou les malades dépourvus de papiers, excluant par là une grande partie de la population des services qu'ils fournissent - et accélérant du même coup le processus de leur propre licenciement. Certains syndicats de l'AFL-CIO, à forte proportion d'immigrants récents ou de travailleurs des services publics, ont manifesté contre la Proposition 187. Mais le reste de l'appareil de l'AFL-CIO est resté en dehors. Il n'a rien fait ou très peu pour combattre ces mêmes préjugés ou mensonges qu'il avait contribué à répandre. Pas plus qu'il n'a cherché à mobiliser une quelconque opposition contre la Proposition.

Aussi n'est-il pas surprenant que cette Proposition 187 ait été massivement votée. Elle a reçu le soutien de nombreux travailleurs, y compris des syndiqués. L'AFL-CIO porte une lourde responsabilité dans tout cela, en préparant les travailleurs à mordre à l'hameçon, à tomber dans le piège tendu par leurs ennemis de classe. Elle est aussi responsable de trahison vis-à-vis des travailleurs immigrés qu'elle affirme représenter.

La direction de l'AFL-CIO a, tout au plus, présenté des motions, tout comme elle le fait lorsqu'il s'agit des intérêts des autres travailleurs. Mais ce n'est pas de cette façon que l'on peut mener le genre de combat qui pourrait permettre aux immigrés de s'organiser syndicalement, ou que les travailleurs immigrés peuvent se défendre contre les attaques croissantes qui les visent.

UNE POLITIQUE DE CLASSE EST NECESSAIRE

Le combat pour les droits les plus élémentaires des travailleurs immigrés - droits de se syndiquer, d'avoir un emploi correct, de ne pas être attaqué simplement parce qu'on a vu le jour dans un autre pays - ce combat ne fait qu'un. Et il ne pourra être remporté qu'à travers une mobilisation de classe massive. Non seulement la bureaucratie syndicale a démontré son incapacité à mener un tel combat, mais encore, avec sa politique, elle y fait obstacle. Même lorsqu'elle proclame qu'elle est favorable à une organisation commune de toutes les catégories de travailleurs, elle renforce encore les divisions et contraint à accepter des sacrifices. C'est la conséquence d'une étroite perspective syndicaliste, qui accepte le capitalisme, l'exploitation et la sujétion de la classe ouvrière au profit.