Israël-Palestine - La fuite en avant du gouvernement Sharon

Εκτύπωση
Janvier 2002

Face à la révolte du peuple palestinien, aux attentats-suicides, aux manifestations, la seule réponse des dirigeants israéliens est l'accentuation de la répression. Mais aux dynamitages de maisons, aux assassinats "ciblés" de responsables palestiniens, au bouclage militaire des territoires, ont succédé les mesures de rétorsion contre l'Autorité palestinienne elle-même : destruction de bâtiments abritant des services de l'Autorité palestinienne, mise hors d'usage de l'aéroport de Gaza, destruction des hélicoptères servant à Yasser Arafat, empêchant finalement tout déplacement de celui-ci, bloqué pendant des jours dans la ville de Ramallah à quelques centaines de mètres des chars israéliens.

En même temps, le Premier ministre israélien Sharon et son gouvernement, rendant Yasser Arafat responsable du terrorisme des organisations islamistes, le sommaient de mettre fin aux attentats. Eux-mêmes savent pourtant très bien que c'est la politique du gouvernement israélien qui, en poussant le peuple palestinien au désespoir, fournit chaque jour à ces organisations des recrues supplémentaires, prêtes à mourir dans des attentats-suicides en faisant si possible le maximum de morts dans la population israélienne. Ils savent bien aussi que c'est leur politique elle-même qui discrédite Arafat au sein de la population palestinienne et qui, en approfondissant le fossé entre Palestiniens et Israéliens, éloigne un peu plus chaque jour toute perspective de règlement du conflit.

Devant cette impasse, de nombreux commentateurs se demandent si l'objectif du gouvernement israélien de Sharon n'est pas tout simplement d'en finir avec l'Autorité palestinienne elle-même, avec Yasser Arafat et même avec ce que l'on a appelé le "processus de paix" israélo-palestinien. C'est possible, mais en cela la politique de Sharon ne serait pas substantiellement différente de celle de ses prédécesseurs travaillistes. Car, pour les gouvernements israéliens quels qu'ils soient, ledit "processus de paix" n'a jamais consisté qu'à se servir des dirigeants palestiniens pour faire accepter à leur peuple les diktats d'Israël, quitte pour cela à les discréditer complètement.

La politique menée aujourd'hui par Sharon est en fait bien dans la continuité de celle de tous les dirigeants israéliens, menée cependant avec une brutalité plus ouvertement et plus cyniquement assumée. Mais au-delà même de la politique de force à l'égard des Palestiniens, Sharon tient aussi dans le contexte de guerre actuel à affirmer autre chose : sa disponibilité à mener une politique de force à l'égard des peuples de la région, au service des intérêts de l'impérialisme.

La parenthèse des accords d'Oslo

Avec le recul, les accords d'Oslo de 1993 apparaissent comme une concession très provisoire, une parenthèse dans la longue continuité de la politique de force menée par les dirigeants israéliens contre le peuple palestinien. L'Intifada, le soulèvement de la population palestinienne et particulièrement de sa jeunesse, commencée en 1987, durait alors depuis six ans. Les dirigeants israéliens désespéraient de mettre fin à cette révolte par les moyens de la répression militaire. La population israélienne était lasse de voir ses enfants devoir passer de longues périodes de service, absorbés dans des tâches de police à Gaza ou en Cisjordanie. Les sommets de l'armée elle-même commençaient à estimer vain de devoir continuer à consacrer les forces de celle-ci à une telle tâche. C'est dans ces conditions que les dirigeants travaillistes prirent langue avec les dirigeants palestiniens pour enclencher le processus d'Oslo.

Il s'agissait bien d'une concession aux dirigeants palestiniens, puisqu'il leur était reconnu la possibilité d'exercer une certaine autorité sur des portions croissantes du territoire palestinien occupé par Israël, mais cela seulement au terme d'une vérification longue et tatillonne. Celle-ci prévoyait plusieurs phases pour le retrait israélien des territoires, la réalisation de chacune étant subordonnée aux précédentes. Tandis que les dirigeants israéliens exigeaient de l'Autorité palestinienne mise en place sous l'autorité de Yasser Arafat qu'elle mette fin à l'Intifada et à toute action des Palestiniens contre l'occupation israélienne, eux-mêmes en retour ne s'engageaient même pas à stopper le développement des colonies juives dans les territoires occupés.

En fait, une fois de plus, l'attitude des dirigeants israéliens a consisté à chercher à gagner du temps : les responsables palestiniens n'étaient promus dirigeants que d'un Etat palestinien virtuel tandis qu'en échange ils s'employaient à faire patienter leur peuple. En revanche, on assistait côté israélien à la simple poursuite de la politique passée. Des membres de l'extrême droite nationaliste et religieuse continuaient à créer des colonies en territoire palestinien. Après quoi, au nom de la sécurité de leurs membres israéliens, l'armée de Jérusalem venait assurer la défense de ces colonies et de leurs voies d'accès. Ce n'était rien moins que la poursuite de la vieille politique des "faits accomplis", une constante dans la politique des dirigeants israéliens, consistant à s'installer d'abord et à faire reconnaître ensuite le fait de cette installation, une politique commune aux gouvernements travaillistes et aux gouvernements de droite.

Ainsi, après la mort de Rabin, le signataire des accords d'Oslo assassiné en novembre 1995 par un extrémiste de droite israélien, allaient se succéder le gouvernement de droite de Benyamin Netanyahou, puis le gouvernement travailliste d'Ehud Barak, puis le gouvernement de droite d'Ariel Sharon. De tous ces gouvernements, c'est jusqu'à présent le gouvernement travailliste de Barak qui a créé le plus de colonies israéliennes dans les territoires.

On comprend que, dans ces conditions, la crédibilité du "processus de paix" défendu par Arafat n'ait cessé de se réduire auprès de la population palestinienne, tandis que montait la popularité des groupes islamistes, le Hamas et le Jihad islamique, répliquant aux attaques israéliennes par des attentats-suicides.

Les dirigeants israéliens sont-ils prêts à aller jusqu'à l'élimination d'Arafat ? En tout cas, il est évident qu'ils sont prêts à prendre le risque qu'il perde toute autorité réelle au sein du camp palestinien. Pour eux, le dirigeant palestinien n'a visiblement de valeur que s'il est prêt à donner tous les gages possibles à Israël, sans même recevoir des dirigeants de l'Etat hébreu la moindre contrepartie réelle.

Que se passera-t-il alors si, à la longue, à force de s'incliner devant les diktats d'Israël, Arafat s'avère complètement discrédité auprès de son propre peuple ? C'est peut-être là qu'intervient la seule véritable divergence entre l'homme d'extrême droite qu'est Sharon et les dirigeants travaillistes, et notamment Shimon Peres qui, tout en faisant entendre parfois quelques réserves, continue d'être son ministre des Affaires étrangères. En effet, tandis que Shimon Peres estime plus habile pour Israël de ménager quelque peu Arafat, plutôt que de prendre le risque de voir émerger à sa place des dirigeants plus radicaux, Sharon pense visiblement que si le leader palestinien s'avère complètement usé il sera bien temps alors de chercher un autre "interlocuteur" ou de s'en passer. Il estime sans doute qu'en cas de besoin il trouvera bien parmi les Palestiniens un dirigeant, islamiste ou autre, qui finira par se prêter au jeu auquel s'est prêté Arafat. Jusqu'au jour où, à son tour, son autorité politique s'y sera usée.

Que cette divergence soit au fond purement tactique, c'est ce que montre le fait que Shimon Peres et les travaillistes restent solidaires du gouvernement Sharon en continuant d'y participer. Et le résultat est bien là : d'un gouvernement israélien à l'autre, d'une concession aux surenchères des colons extrémistes et à l'extrême droite à une autre concession, les dirigeants israéliens font durer indéfiniment le prétendu "processus de paix", en usant à ce jeu les dirigeants palestiniens, quitte sans doute à les abandonner ensuite à leur sort.

La population israélienne, otage de la politique de ses propres dirigeants

Les dirigeants israéliens proclament que l'objectif principal de leur politique est d'assurer la sécurité de la population d'Israël. Cependant leur attitude ne diminue évidemment pas les risques d'attentats-suicides : elle les accentue car elle ne cesse de créer des vocations pour cela parmi les jeunes Palestiniens. Et aucune mesure de sécurité, aussi draconienne soit-elle, ne pourra jamais empêcher totalement des attentats dont les auteurs sont prêts à mourir en sautant avec la bombe qu'ils portent.

Alors, la politique des dirigeants israéliens condamne la population israélienne à continuer à vivre dans la peur, dans la hantise permanente des attentats. Quant à la perspective politique qu'elle lui ouvre, alors qu'elle devrait être évidemment la recherche d'une coexistence avec les Palestiniens et l'ensemble des peuples arabes, elle semble être de devoir mener une guerre sans fin contre ceux-ci en Cisjordanie, à Gaza ou même ailleurs. Mais précisément, c'est bien le choix que font les dirigeants israéliens, et notamment le choix très conscient de Sharon.

Là aussi, Sharon est dans la continuité des choix des autres dirigeants israéliens avant lui, et de ceux des dirigeants sionistes avant même la création de l'Etat d'Israël. Même en faisant le projet de créer une implantation juive en Palestine, il aurait été possible de prendre en compte les intérêts de la population arabe de la région, soumise à l'empire ottoman jusqu'à la Première Guerre mondiale, puis à l'occupation coloniale britannique. Mais les dirigeants sionistes choisirent de n'en tenir aucun compte et, au besoin, de s'imposer à elle par la force, en recherchant notamment le soutien de l'impérialisme britannique, manifesté pour la première fois publiquement en 1917 par la célèbre déclaration du ministre anglais Balfour s'affirmant favorable à la création d'un "foyer national juif en Palestine".

Dès le début, ce choix provoqua des heurts avec la population arabe. Pour assurer la sécurité des premières colonies juives, les dirigeants sionistes s'en remirent aussi dès le début à la force, s'en remettant pour cela aux milices créées par ces colonies, notamment la Hagana ("La défense" en hébreu), ancêtre de l'armée israélienne d'aujourd'hui dont le nom (en hébreu "Tsva Hagana Leisraël", "armée de défense d'Israël", en abrégé Tsahal) conserve la référence.

A toutes les étapes ensuite, les dirigeants sionistes, puis les dirigeants israéliens après la création de l'Etat, ont continué à mener une politique de force à l'égard des Palestiniens et de leurs voisins arabes en général.

Et rappelons tout de même, devant les feintes indignations morales des dirigeants israéliens contre les moyens terroristes utilisés par les organisations palestiniennes, que les organisations sionistes, en leur temps, n'ont nullement reculé devant le terrorisme pour obtenir un Etat d'Israël, contre la population palestinienne souvent, mais aussi à l'occasion contre le pouvoir colonial anglais.

A court terme, c'était la plupart du temps le moyen pour les dirigeants israéliens de disposer autour d'eux, dans la population israélienne, d'une atmosphère d'Union nationale, de créer un état d'esprit de peuple assiégé, entouré d'ennemis, n'ayant d'autre choix que de suivre ses dirigeants dans le combat en taisant ses critiques.

Mais c'était aussi pour eux être assurés de disposer du soutien des puissances impérialistes. Car dès le début, le projet de créer une colonie juive en Palestine contre la volonté de ses habitants arabes ne pouvait réussir qu'avec de puissants soutiens extérieurs. Or, ce projet pouvait coïncider avec les intérêts des puissances impérialistes. La déclaration Balfour de 1917 montrait que les dirigeants britanniques, fidèles à leur politique coloniale du "diviser pour régner" au moment où ils s'apprêtaient à occuper la Palestine, comprenaient l'intérêt de pouvoir s'appuyer sur une colonie juive pour gouverner une population arabe. Et plus tard, lorsque l'occupant britannique plia bagage, cette coïncidence d'intérêts se renouvela, avec les Etats-Unis cette fois.

Du choix initial des dirigeants sionistes a découlé ainsi un choix à plus long terme qui est resté celui des dirigeants d'Israël : assurer l'existence de l'Etat en en faisant l'allié le plus sûr de l'impérialisme dans la région.

Israël et l'impérialisme

La région moyen-orientale a, pour les dirigeants impérialistes, une importance stratégique de premier ordre, ne serait-ce que du point de vue des ressources pétrolières nécessaires aux économies occidentales. C'est pourquoi les impérialismes anglais et français, puis l'impérialisme américain qui a pris leur relais dans les années cinquante, ont fait ce qu'il fallait pour avoir les moyens de dominer la région.

Les impérialismes anglais et français, en se divisant la région au lendemain de la Première Guerre mondiale, avaient pris soin de morceler le monde arabe, la France séparant le Liban de la Syrie, la Grande-Bretagne séparant l'Irak des émirats, de la Jordanie (alors appelée Transjordanie) et de la Palestine, tout en créant des oppositions au sein même de ces pays, et notamment l'opposition entre Juifs et Arabes palestiniens.

Lorsque ces deux impérialismes affaiblis par la Seconde Guerre mondiale durent mettre fin à leur domination coloniale directe, l'impérialisme américain prit tout naturellement le relais. Pour assurer sa domination dans une région morcelée entre de nombreux Etats désormais formellement indépendants, il lui fallait à son tour mener son jeu en jouant des oppositions ou des intérêts particuliers de chacun de ces Etats contre les autres.

Aujourd'hui, l'impérialisme dispose évidemment dans la région de nombreux relais politiques, des émirats du Golfe à la Turquie et de l'Egypte à l'Arabie saoudite. Mais justement, si les régimes des Etats de la région se sont montrés finalement dociles aux intérêts de l'impérialisme, cela n'est pas allé sans crises et sans velléités de contester sa domination.

De fait, la situation des grands pays de la région l'Egypte et la Turquie, l'Arabie saoudite, l'Irak, la Syrie, l'Iran est celle de pays sous-développés dominés par l'impérialisme. Même lorsque leurs régimes se montrent dociles vis-à-vis des Etats-Unis, ceux-ci ne se font guère d'illusions sur les véritables sentiments de leurs peuples à leur égard. Et ils savent qu'il s'agit de régimes politiques instables, toujours à la merci d'un coup d'Etat ou d'un renversement de situation qui pourrait mener au pouvoir de nouveaux dirigeants avec des velléités de s'opposer d'une façon ou d'une autre à la domination impérialiste. C'est ce que l'on a vu, sous des formes diverses et à différentes époques, en Egypte et en Iran, en Irak et en Syrie ou même en Turquie il y a maintenant longtemps il est vrai, sous Mustafa Kemal.

Il n'en est pas de même d'Israël. La convergence, sur une longue période, entre les objectifs des dirigeants sionistes créer leur Etat en en imposant l'existence aux populations arabes et ceux des dirigeants impérialistes à la recherche d'appuis stables pour dominer la région a permis aux dirigeants de l'Etat d'Israël de faire de celui-ci une sorte de mini-Etat impérialiste au coeur du Proche-Orient. Il apparaît au sein de celui-ci comme une sorte d'excroissance de l'Occident développé, bénéficiant par de multiples voies de subventions américaines qui lui permettent d'assurer à sa population un niveau de vie à l'occidentale au coeur d'une région sous-développée. Cela, ajouté à l'histoire du pays, à la continuité de la politique des dirigeants sionistes, a contribué à asseoir cette politique sur une forme de consensus dans lequel se mêlent la mentalité de peuple assiégé de la population israélienne et sa volonté de défendre ce qui apparaît comme des privilèges au sein d'une région et de populations vivant dans la misère.

Cela fait d'Israël le seul Etat de la région dont les dirigeants impérialistes savent que sa politique pro-américaine trouve un soutien profond dans sa population, convaincue que sa seule assurance de survie est dans son alliance avec Washington et dans le fait d'être prête à combattre les peuples voisins aussi longtemps qu'il le faudra.

Bien sûr, la politique sioniste rend l'Etat d'Israël complètement dépendant du soutien des Etats-Unis. Mais l'allié israélien est, pour les Etats-Unis, un allié irremplaçable . Et c'est aussi cela qui fait que les dirigeants israéliens se sentent en mesure de faire accepter leur politique aux dirigeants américains, même quand elle met ceux-ci quelque peu en difficulté vis-à-vis de leurs alliés arabes, car leurs politiques sont fondamentalement convergentes.

Sharon pousse son avantage

Sharon, et les autres dirigeants israéliens, se sentent donc aujourd'hui les coudées franches, d'autant plus que la situation internationale les met en position de force.

Sans doute, au moment où les Etats-Unis cherchaient à rassembler une coalition contre l'Afghanistan, les provocations de Sharon dans les territoires occupés ont pu leur faire craindre de rencontrer quelques difficultés auprès des dirigeants arabes. C'est ce qui a amené le président américain Bush à prendre des distances, purement verbales, à l'égard de la politique de Sharon. Mais cela n'a guère duré, les dirigeants américains couvrant maintenant totalement la politique de Sharon et les dirigeants européens faisant d'ailleurs de même, avec seulement un peu d'hypocrisie en plus.

Au moment où les dirigeants américains, après leur offensive contre Ben Laden et les bombardements sur l'Afghanistan, s'apprêtent peut-être à mener de nouvelles opérations militaires en Somalie ou en Irak, un homme comme Sharon sait que l'allié israélien peut être indispensable à l'impérialisme américain. Ses discours assimilant Arafat et Ben Laden, auxquels bien évidemment il ne croit pas lui-même, relèvent d'un calcul précis. En acculant Arafat, en repoussant loin dans le temps toute perspective de règlement négocié avec les Palestiniens, en accroissant la tension israélo-palestinienne, Sharon ne fait pas que renforcer sa propre situation politique en Israël. Il met aussi en condition la population israélienne et se met en position de mener une guerre pour le compte de l'impérialisme américain, si besoin est.

Faire vivre la population israélienne les armes à la main, avec le sentiment que c'est la seule façon d'assurer sa sécurité contre ses voisins mais en fait pour être la chair à canon éventuelle d'une guerre pour la défense des intérêts impérialistes, c'est ce choix qu'ont toujours incarné peu ou prou les dirigeants israéliens. Le personnage de Sharon, déjà fameux dans le passé pour ses aventures guerrières, exprime aujourd'hui cette option de la façon la plus provocante même si cela doit aboutir à enterrer définitivement un "processus de paix" de toute façon fantomatique, et surtout, quoi qu'il en coûte aux Palestiniens et quoi qu'il en coûte aux Israéliens eux-mêmes.

Mais l'oppression nationale engendrera d'autant plus de révoltes chroniques qu'elle est alimentée en permanence par l'oppression sociale. La misère d'une grande partie de la population palestinienne, le chômage élevé, le fait que le gouvernement d'Israël, dans le cadre de sa politique de répression, ferme fréquemment la ligne de démarcation, privant de salaire même cette fraction de la population palestinienne qui a trouvé du travail dans les usines d'Israël, tout cela fait que le mécontentement social prend tout naturellement pour cible l'oppression exercée par l'Etat d'Israël.

Mais, comme dans le passé aussi notamment lors de la guerre du Liban de 1982 , Sharon surestime peut-être ses propres possibilités, celles de l'Etat qu'il dirige et celles de l'impérialisme, de faire subir indéfiniment aux peuples leur terrorisme d'Etat. C'est en tout cas ce qu'il faut souhaiter.

Pour le peuple palestinien, comme pour l'ensemble des peuples arabes et aussi pour la population israélienne, la seule perspective possible est celle d'une véritable coexistence, d'une coopération fraternelle entre les peuples. Mais il n'y a pour cela pas d'autre issue que de mettre fin à la présence impérialiste dans la région, et à l'oppression qu'exercent non seulement Israël mais aussi l'ensemble des Etats et des classes possédantes locales qui, à des degrés divers, se font les relais de l'impérialisme.