Déclaration d'Arlette Laguiller du 6 mai 2007

Εκτύπωση
Mai-juin 2007

Ainsi, les classes populaires vont donc subir la présidence de Nicolas Sarkozy pendant les cinq prochaines années et un ou plusieurs gouvernements dont la politique sociale sera dans le droit fil de celle des gouvernements que nous connaissions depuis cinq ans et qui furent les pires de tous ceux que nous avons connus jusqu'à présent. Bien sûr, le programme de Ségolène Royal n'aurait rien changé aux problèmes fondamentaux qui accablent aujourd'hui les classes populaires comme la baisse du pouvoir d'achat, le chômage et la disparition du logement populaire. Mais Nicolas Sarkozy non seulement ne changera rien à ces problèmes mais il aggravera dans bien des domaines la vie quotidienne. Il ne s'en est pas caché. À ceux qui auront besoin d'une augmentation de salaire, il répond déjà, en substance, qu'ils n'ont qu'à se lever plus tôt et travailler plus. Aux sans-logis ou aux mal-logés, il n'offre rien, pas même de bonnes paroles. Le ruisseau sera assez bon pour eux ! Car la croissance, quand il en parle, ce n'est pas pour eux, c'est à leur détriment. Quant au chômage, non seulement il n'envisage rien de sérieux pour le réduire à part, comme pour tout le reste, de faire la chasse à ceux qu'il appelle des faux chômeurs ou des faux malades. Le monde du travail ne doit cependant pas baisser la tête car cette élection n'est pas une catastrophe. Même si Ségolène Royal avait été élue, nous aurions dû entrer en lutte, et même des luttes sérieuses, importantes et déterminées pour que les choses changent ne serait-ce qu'un peu pour nous. Avec Nicolas Sarkozy, il en ira de même et les luttes devront être les mêmes, aussi déterminées mais pas plus. Tout dépend du monde du travail, de sa détermination et de la conscience qu'il aura que le bulletin de vote n'est qu'un chiffon de papier et que seules les luttes peuvent payer. Les principales luttes qui se sont déroulées depuis des dizaines d'années l'ont été dans des situations où la droite était au pouvoir. Alors, ne soyons pas abattus. L'avenir de la société et le progrès social dépendent des travailleurs et sont entre leurs mains. Et tout dépend donc de nous tous !