Il n'y a pas de justification "culturelle" à la barbarie

Yazdır
10 novembre 1995

Pour se justifier, les Etats les plus hostiles aux femmes invoquent aujourd'hui couramment leurs "particularismes culturels", niant que les droits humains soient universels, un qualificatif qu'ils n'aiment pas. Ils revendiquent, souvent agressivement, le respect de leur "différence", de leur "spécificité".

C'est une tentative de justification de leur attitude vis à vis des femmes qui est évidemment un peu plus subtile que celle des intégristes religieux purs et durs de tout poil.

Mais où est la "culture" dans l'enfermement des femmes, dans les pratiques de mutilations sexuelles des petites filles, telles qu'elles existent en Afrique noire ou en Egypte ? C'est de barbarie qu'il s'agit, même si elle s'appuie sur une tradition !

S'il y a des "spécificités" liées à la tradition coranique (nous ne nous engagerons pas dans une discussion théologique), comme par exemple le fait de cloîtrer les femmes et de leur imposer de s'emballer dans un voile pour sortir, qu'ont-elles de toute façon qui mérite d'être "respecté", même si on les orne de l'adjectif "culturelles" ? Rien de plus que la perruque que les femmes juives pratiquantes sont censées porter pour cacher leurs cheveux, ou le voile des soeurs catholiques...

Le principe du voile, s'il n'a pas été proclamé par Mahomet, s'est imposé en tant que procédé de coercition contre les femmes dans le cours de l'histoire de l'ensemble arabo-islamique. Et c'est cette coercition que veulent maintenir ceux qui le défendent au nom de la religion.