Les résultats de Lutte ouvrière et de l’extrême gauche aux élections municipales

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avril 2026

Lutte ouvrière présentait en tout 280 listes aux élections du 15 mars. Cela inclut 266 listes municipales dans 243 communes différentes, treize arrondissements parisiens, trois secteurs marseillais et sept arrondissements lyonnais. Nous avions aussi des listes dans les quatorze circonscriptions de la Métropole de Lyon. Nos listes étaient notamment présentes dans 38 des 42 communes de plus de 100 000 habitants que compte le pays, mais aussi dans plusieurs dizaines de villes moyennes, et elles s’adressaient à 10 millions d’électeurs, soit environ 21 % de l’électorat. Pour la première fois, nous présentions une liste à Hérouville-Saint-Clair (Calvados), Périgueux (Dordogne), Douai (Nord), Goussainville (Val-d’Oise), Bar-le-Duc (Meuse), Lorient (Morbihan), Méru (Oise), Lormont (Gironde), Villefranche-sur-Saône (Rhône) ou encore Kourou (Guyane). L’organisation trotskyste Combat ouvrier (UCI) présentait six listes – une en Martinique et cinq en Guadeloupe – contre trois en 2020. Elles obtiennent au total 1 574 voix (2,47 %).

Nos listes rassemblaient quelque 11 000 candidats, des travailleurs pour la quasi-totalité d’entre eux : ouvriers, employés, manutentionnaires, auxiliaires de vie, personnels soignants des hôpitaux, agents de sécurité, etc. Si un certain nombre de ces candidats font partie du milieu de travail, familial ou du voisinage des militants de Lutte ouvrière, nombre d’autres ont été rencontrés au fil des opérations de porte-à-porte organisées pendant plusieurs mois dans les quartiers populaires.

Certes, nos résultats, dont on trouve le détail sur notre site et dans notre hebdomadaire, sont très minoritaires, à l’image de ceux recueillis lors des élections législatives ou présidentielle. Lutte ouvrière recueille au total 79 440 voix, soit 1,29 % des suffrages exprimés. En 2020, lors des précédentes élections municipales, elles avaient recueilli 44 762 voix, soit 1,46 %, alors que l’abstention avait été très élevée. Ces scores sont certes modestes, mais ici et là ils dépassent 5 %, voire 10 % des voix, comme à Audincourt (16,02 %) et Hérimoncourt (17,61 %) dans le Doubs, Fourmies (13,25 %) dans le Nord, Clermont (21,48 %) et Margny-lès-Compiègne (17,81 %) dans l’Oise, et Le Grand-Lucé (10,07 %) dans la Sarthe. Les bons scores obtenus ici et là sont souvent liés à des circonstances locales, la liste Lutte ouvrière s’avérant par exemple la seule liste d’opposition. En tout cas, tous ces chiffres reflètent notre présence, et il est notable que dans les différentes communes, nous obtenons souvent nos meilleurs résultats dans les bureaux de vote des quartiers populaires. Nous avons désormais 24 conseillers municipaux, au lieu de 16 en 2020.

Ces petits chiffres montrent que, dans un contexte marqué par la montée des idées réactionnaires, un courant communiste et révolutionnaire peut être présent, à la force du poignet, dans les principales agglomérations et dans de nombreuses villes moyennes. Même très minoritaires, les militants de Lutte ouvrière sont présents pour dénoncer la marche à la guerre, la mainmise capitaliste sur la société, le recul de la condition ouvrière, les divisions entretenues entre travailleurs français et étrangers. Et il se trouve des dizaines de milliers de travailleurs prêts à voter pour des listes défendant ces idées, autrement dit à voter pour leur camp.

La présence de l’extrême gauche

Le Parti des travailleurs a « présenté ou soutenu » 63 listes. Leurs professions de foi et leurs slogans étaient différents, mais mettaient le plus souvent en avant la défense des services publics et le refus des sacrifices pour la guerre. Ces listes ont obtenu en général entre 0,5 et 1 % des voix.

Le NPA-L’Anticapitaliste (NPA-A) ne présentait pas de liste indépendante du reste de la gauche, sauf à Bordeaux, où Philippe Poutou, élu conseiller municipal en 2020, conduisait la liste « Rouge Bordeaux anticapitaliste » et a obtenu 5 % des voix. Le NPA-A revendique de s’être engagé « dans la campagne d’une quarantaine de listes, auxquelles [ses comités] participent directement ou qu’ils soutiennent activement ». Dans la continuité de la politique qui l’a conduite à rejoindre le Nouveau Front populaire lors des élections législatives de 2024, cette organisation a donc participé à des combinaisons différentes d’alliances entre partis de la gauche, souvent avec LFI, le PCF ou les écologistes, et même sur la liste conduite par le PS et rassemblant toute la gauche à Pau, face au candidat centriste, maire sortant et ancien Premier ministre François Bayrou.

L’autre organisation issue de la scission du NPA de 2022, le NPA-Révolutionnaires (NPA-R), a présenté 29 listes, surtout dans des grandes villes, qui ont obtenu 18 445 voix. S’opposant à la marche à la guerre et au système capitaliste, adoptant une ligne bien plus claire vis-à-vis de la gauche réformiste que le NPA-A, le NPA-R a apparemment retrouvé une partie des électeurs du NPA qui s’étaient éparpillés ou ne s’étaient pas mobilisés en 2024.

Révolution permanente, elle aussi issue d’une scission du NPA en 2021, a présenté huit listes et en a soutenu une neuvième à Saint-Avold (Moselle). À Saint-Denis, Marseille 4e et 5e arrondissements et Saint-Avold, ces listes ont obtenu 6 à 7 % des voix ; ailleurs, leurs résultats vont de 0,8 % à 2,9 %. Elles ont mené une campagne axée sur des thèmes locaux, proches de ceux mis en avant par LFI, avec des slogans tels que « construire une gauche qui lutte », « une gauche de combat­ », cherchant donc les voix sur le terrain de la gauche tout en critiquant le manque de détermination de ses dirigeants.

Précisons que, comme lors des élections législatives de 2024, le NPA-Révolutionnaires et Révolution permanente ont appelé à voter pour les listes de Lutte ouvrière partout où leurs propres listes n’étaient pas présentes.

20 mars 2026